
Les vacances de Noël sont déjà derrière nous. Encore une année qui commence et qui va filer aussi vite que les précédentes.
Un nouveau mois de Janvier. Un nouveau concours. Un nouveau fiasco. Une nouvelle Saint Valentin à rêver de dîner aux chandelles. Un nouvel anniv'. Et de nouveau des grandes vacances. Un nouvel été sans promenades main dans la main. Une nouvelle rentrée. Un autre Noël, un autre nouvel an.
Encore un couple qui se sépare après s'être aimé.
Urbain et Soizic, c'est terminé. Et, j'en suis triste, pourtant elle m'énervait !
Mais lui il l'aimait. Il l'aimait malgré son caractère de chiottes, malgré son ex omniprésent et sa manie d'utiliser mes affaires, malgré ses crises de jalousie et son snobisme horripilant. Et moi j'adore Urbain alors je n'avais pas mon mot à dire et j'étais prête à essayer. A faire des efforts. A sourire à sa dulcinée et ruminer en silence.
Tout simplement parce qu'Urbain l'aimait. Il l'aimait au point d'avoir fait des projets. Projets dont il m'avait parlés. A Mabb la farouche, la grande méfiante, la névrosée de l'amour, qui s'était bien gardée de les trouver judicieux.
Je trouvais ça trop rapide, pas assez réfléchi, tout en gardant mes doutes pour moi. Et finalement, j'avais fini par envier Urbain. Envier son optimisme, toujours là malgré les histoires passées et douloureuses que je lui devinais. J'enviais son euphorie, son insouciance, son envie d'y croire. Son rêve bleu qui commençait à m'imprégner.
Mais Soizic a continué ses crises de jalousie. Ses crises de parano, ses sempiternelles critiques à mon égard. Urbain m'en avait caché une bonne moitié. J'ai appris tout récemment que j'étais une grande cause de dispute et ça m'énèrve. Non contente de réussir en beauté mon absence de vie sentimentale, je parviens à merveille à compliquer celles des autres. Et sans le voir en plus.
J'avais bien vu qu'ils se disputaient pas mal depuis quelques temps. J'avais bien compris qu'elle ne m'appréciait pas, mais c'était réciproque et je m'en fichais royalement. Quand elle était à l'appart, je faisais semblant. Je n'aimais pas ça jouer les hypocrites, mais je pensais naïvement que c'était sans doute la meilleure solution. Et ça avait l'air de marcher. On n'était pas les meilleures amies mais on cohabitait. On parlait même parfois ! Et puis par derrière, mon pauvre coloc' enchaînait reproches, crises et larmes.
Et pourtant, en tout sincérité, bien que je reconnaisse avoir eu dès le début une sacré mauvaise opinion au sujet de Soizic, je n'ai jamais été irrespecteuse ou méchante avec elle, je ne lui ai jamais lancé la moitié d'une pique bien qu'elle ne s'en privait pas elle. Au lieu de ça, je préfèrais ruminer dans mon lit, à me rejouer les scènes et me refaire mes répliques, en trouvant enfin ce que j'aurais pu lui répondre ! Le nombres de phrases exquises et pertinentes que je lui ai balancées sans qu'elle n'en sache jamais rien !
Mais l'ayant vu faire auprès des amis d'Urbain, je pensais que ça faisait parti de son caractère, de sa façon de parler aux gens... Il y avait sans doute de ça mais c'était surtout parce qu'elle ne pouvait pas m'encadrer.
J'avais bien vu qu'elle venait moins souvent à l'appart et qu'Urbain revenait de plus en plus fréquemment irrité ou morose.
Mais je n'avais pas vu qu'il était lassé, qu'il avait fini par lui faire comprendre qu'il n'en pouvait plus. Je n'avais pas vu qu'il prenait mon parti à chaque fois, ce qui décuplait sa rage à l'autre furie.
Il a fini par lui dire qu'il ne supportait plus son manque de considération à l'égard d'une coloc' qu'il avait appris à aimer, d'une femme qui faisait partie de sa vie et qu'il voulait garder.
Lorsqu'il m'a répété tout ça, j'ai été flattée. Très touchée. J'ai trouvé ça adorable qu'il pense tout ça et qu'il prenne ma défense alors que je ne lui demandais rien, alors que je n'avais pas conscience à quel point elle me détestait. Et en même temps je lui en ai voulu. Voulu de fiche en l'air une histoire à cause d'une personne qui n'était même pas capable d'en vivre réellement une d'histoire ! Je sais que ce n'est pas entièrement à cause de moi, ce serait me donner l'importance que je n'ai pas, mais je sais que j'ai joué un rôle. Peut être qu'ils auraient fini par se quitter... j'aime me rassurer en me disant que Soizic était loin de le mériter mais si ce soir Urbain est triste, c'est parce que la femme qu'il aimait ne me supportait pas. Et que lui ne supportait plus cette situation... qui n'aurait jamais existé sans moi.
Alors ce soir Urbain est triste. Et moi aussi...
EDIT DU 9 Janvier : Hihi, je suis sur la page d'accueil de Mabulle
Merci Chris
Et puis t'inquiète Emma, t'as vu, au bout de (presque) deux ans, ça finit par arriver lol 