
Bon j'arrête de jouer ma sal*perie
et je prends quelques minutes pour vous raconter cette fameuse soirée.
Vendredi soir, j'ai donc dîné au restaurant avec Urbain.
Avant qu'il n'arrive, j'étais horriblement stressée. Vu son comportement des dernières semaines et surtout, vu les dernières "nouveautés", je redoutais un peu beaucoup cette soirée.
Pourquoi ces fleurs ? Pourquoi cette invitation au restau ? Voulait-il parler, s'expliquer, s'excuser, me balancer ce qu'il me reprochait ???
Ce qui m'a bizarrement rassurée en le voyant, c'est qu'il avait l'air aussi stressé que moi. Quoique à y réfélchir, était-ce bon signe ? Il avait peut être quelque chose de pas très agréable à me dire. Style "je regrette sincèrement avoir quitté Soizic à cause d'une grosse nulle comme toi" (même si la grosse nulle en question ne lui avait strictement rien demandé) "si tu pouvais déménager ça m'arrangerait, car je ne peux plus voir ta tronche"... bref, super soirée en perspective !
J'étais fermement décidée à en savoir plus au sujet des tulipes tout en essayant de passer une bonne soirée, mais à peine installés devant nos apéritifs, Urbain m'a lancé que je l'énervais.
Comme ça. Cash.
"Mabb, tu m'énerves !"
Ah ?! Euh...oui, bah sympa... Euh, pourquoi ?
Je vais essayer de vous résumer ce qu'il m'a dit, en faisant en sorte d'être le plus fidèle possible... mais il a parlé super vite sans me regarder une seule fois. Le pichet d'eau l'a hypnotisé pendant tout son discours. Assez destabilisant et de plus en plus stressant.
Il m'a dit de nouveau que je l'énervais. Ca je commençais à le savoir ! Puis il m'a dit qu'il tentait de prendre ses distances, sans réellement y parvenir. Que lorsqu'il était encore avec Soizic, il s'était peu à peu rendu compte de certaines choses. Que c'était surtout elle qui lui avait fait comprendre certaines choses. Qu'on ne prenait pas la défense d'une fille quand on aimait sincèrement celle avec qui on était. Qu'il n'avait pas pris ma défense par amitié. Là j'avais plus faim du tout. J'hésitais entre me casser...et m'étrangler avec la fourchette. Il m'a sorti que je ne voyais rien ou que je ne voulais rien voir. Mouè, prends ça ! Que j'avais l'air triste ces derniers temps comme si son silence me pesait, mais que pour autant il n'arrivait pas à savoir ce que je pensais vraiment. Moi non plus...Et que ça aussi ça l'énervait ! Moi aussi.
Je lui ai alors répondu que j'étais triste parce qu'il semblait triste. Et parce qu'il m'évitait. Que j'avais peur que ce soit parce qu'il regrettait avoir quitté Soizic. Surtout par ma faute.
Il m'a répondu (vous arrivez à suivre ???) qu'il n'était pas triste à cause de Soizic mais à cause de moi. Qu'il ne regrettait pas du tout avoir quitté Soizic puisqu'il s'était rendu compte qu'il ne l'avait jamais aimé. Qu'il m'évitait pour essayer de réfléchir, pour essayer de se détacher de moi. Quand il m'avait parlé de Soizic et de sa rupture, il avait voulu tester ma réaction... Voir si j'étais soulagée qu'il la quitte. Et vu que je n'avais pas du tout paru soulagée mais au contraire attristée... De même quand il me parlait de ses projets, de ce qu'il ressentait pour elle, il n'avait qu'un seul but: voir ma réaction. Il m'a aussi avoué que mon Némo l'énervait aussi, que ça n'avait rien arrangé, qu'à plusieurs reprises il avait pensé trouver un autre appart'. Super !
Il m'a dit qu'on était colocataires ce qui compliquait beaucoup de choses et que prendre de la distance ne marchait pas. Qu'il avait besoin de m'en parler. Que la Saint Valentin avait été un prétexte. Qu'il était amoureux de moi.
Là je suis tombée de ma chaise... enfin c'est l'impression que j'ai eue !
Le plus touchant et le plus triste dans tout ça c'est qu'il me connait tellement qu'il a conclu en me disant :
"Je sais que tu es incapable de me dire ce que tu veux, ce que tu penses là à l'instant !"
Et c'est vrai. Il a souri. M'a dit qu'il avait appris à me connaître. Qu'il savait que cette situation me stressait. Que lui aussi, le fait d'être colocataires le stressait. Que je sois sa meilleure amie n'arrangeait rien. Que c'était risqué. Et que pour moi il se doutait que ce soit pareil. Voire pire. Que ce qu'il venait de faire était sans doute la pire solution mais qu'il était soulagé.
Il m'a dit qu'il se sentait mieux. Que ça faisait des semaines qu'il voulait tout m'avouer. Qu'il l'aurait déjà fait si on ne vivait pas ensemble. Il m'a demandé de ne pas lui en vouloir, qu'il n'arrivait plus à vivre avec moi en gardant tout ça pour lui.
Moi en face, je n'étais pas soulagée du tout. Je ne sais pas trop ce que j'étais d'ailleurs. Une partie de moi était apaisée. Et même plutôt contente. Mais de quoi ? Qu'il ne m'ait pas dit tout ce que je redoutais ? Qu'il ne me reproche rien ? Ou qu'il m'aime ?
On a fini la soirée assez agréablement bizarrement. Il m'a demandé comment j'avais réagi en recevant des fleurs. On en a même ri.
Aujourd'hui, on ne s'est pratiquement pas vus et Urbain part demain pour plusieurs jours avec ses amis.
Aujourd'hui, on est colocataires et amis. Et moi qui suis toujours aussi nulle pour faire des choix, je ne sais pas ce que je veux...
Vous allez sans doute me trouver bizarre. Mais les histoires d'amour merdiques j'en ai eues. Des amitiés merdiques aussi. Mais un Urbain je n'en ai qu'un... et je veux le garder.